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Derrière ce nom à rallonge, emprunté au titre d'une chanson oubliée d'Earl T. Wilson, se cache Morgan Caris, un songwriter d’une trentaine d’années dont l’écriture introspective évoque autant Nick Drake ou Léonard Cohen que leurs descendants légitimes : Sufjan Stevens, Will Oldham, Cat Power ou Smog. A l’image de ces références prestigieuses, Flowers From The Man Who Shot Your Cousin chemine dans un paysage où la tranquillité des éléments cache de sourdes tempêtes.
Depuis une enfance passée à Wappingers Falls dans l’Etat de New York et une adolescence parisienne, Morgan oscille entre les deux continents. En France il enregistre, d’abords au sein du groupe d’indiepop Loons, avec lequel il sort deux albums (Elefant Records), puis en solo dans les studios de Waterhouse. Sur la côte ouest du Canada, à Vancouver, il retrouve la vie dont sont nourries les chansons de Flowers From The Man Who Shot Your Cousin.
Hapless, son tout 1er album sorti en France, semble bâti autour du silence. Les textes graves et lucides y tiennent une place prépondérante. La voix s'accompagne d'une guitare sèche, tantôt virtuose tantôt dépouillée, épaulée l'espace de quelques mesures par des apparitions de cordes, de flûte, ou de choeurs féminins. Puis, c'est le silence qui refait surface, prêtant de sa profondeur aux morceaux en ramenant le tout à l'essentiel.
L'ensemble donne un disque intime, sombre, dense, d'une grande richesse d'écriture. Des fleurs que nous aimerions recevoir plus souvent, même si elles doivent être porteuses de mauvaises nouvelles. |